Les contributions énergétiques des producteurs primaires aquatiques aux réseaux trophiques terrestres d’un réseau hydrographique de taille moyenne

Les rivières sont de plus en plus reconnues comme fournissant des subventions nutritionnelles (c’est-à-dire de l’énergie et des nutriments) aux réseaux trophiques terrestres adjacents par la déprédation d’organismes aquatiques (p. ex. insectes aquatiques émergents, écrevisses, poissons) par les consommateurs terrestres. Cependant, parce que ces organismes proies assimilent l’énergie des deux organismes aquatiques (p. ex., algues benthiques, phytoplancton, macrophytes aquatiques) et terrestres (p. ex., détritus des feuilles riveraines) producteurs primaires, les subventions fluviales aux consommateurs terrestres représentent une combinaison d’énergie d’origine aquatique et terrestre. À ce jour, la contribution explicite de l’énergie provenant des producteurs primaires aquatiques aux consommateurs terrestres n’a pas encore été pleinement explorée, mais on peut s’attendre à ce qu’elle soit quantitativement importante pour les réseaux trophiques terrestres. À 12 tronçons le long d’un segment de 185 km du système fluvial Scioto du sixième ordre (Ohio, États-Unis), nous avons quantifié la contribution relative de l’énergie dérivée des producteurs primaires aquatiques à une série de consommateurs riverains terrestres qui intègrent le paysage adjacent à de multiples échelles spatiales grâce à leurs activités de recherche de nourriture (araignées tétragnathides, coléoptères roves, demoiselles coenagrionides adultes, hirondelles riveraines et ratons laveurs). Nous avons utilisé des isotopes stables naturellement abondants (13C et 15N) du périphyton, du phytoplancton, des macrophytes et de la végétation terrestre pour évaluer la contribution énergétique des producteurs primaires aquatiques aux réseaux trophiques terrestres. Les araignées tétragnathides des rives étaient les plus dépendantes des producteurs primaires aquatiques (50 %), suivies des ratons laveurs plus larges (48 %), des demoiselles (44 %) et des hirondelles riveraines (41 %). Parmi les producteurs primaires, le phytoplancton (19%) a fourni la plus grande contribution nutritionnelle aux consommateurs terrestres (considérés collectivement), suivi du périphyton (14%) et des macrophytes (11%). Nos résultats fournissent des preuves empiriques que les producteurs primaires aquatiques de grands cours d’eau et de rivières peuvent être une ressource nutritionnelle essentielle pour les réseaux trophiques terrestres. Nous montrons également que la nutrition d’origine aquatique contribue à la fois aux consommateurs terrestres littoraux et à des consommateurs terrestres de plus grande envergure et peut donc constituer un lien énergétique important à l’échelle du paysage entre les rivières et les habitats des hautes terres.

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